N° 530 - FEVRIER 2008 - Le Gouvernement veut-il décourager les bailleurs privés,
en Ile de France notamment ?

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Le vent de la réforme souffle sur la France et, à bien des égards, cela est fort heureux.

Mais, en matière de logement, il paraît prendre de très mauvaises orientations qui vont occasionner de graves soucis lors des échéances électorales à venir. Et cela, particulièrement en Ile de France, là où la crise du logement est la plus grave et présente la plus grande incidence politique, du fait de la présence à Paris du pouvoir politique, des médias, et, aussi, des conséquences de cinq phénomènes particulièrement aigus dans la Région :

- un taux de séparation des couples particulièrement élevé, provoquant une diminution du nombre de personnes par logement, chacun voulant, au demeurant, avoir un logement afin de pouvoir accueillir alternativement ses enfants dans de bonnes conditions ;
- un taux d’immigration particulièrement élevé : nous accueillons en Ile de France, sur 2 % du territoire national, 40 % des immigrés, par définition sans logements ;
- le souhait des personnes déjà logées, soumises à des conditions de vie difficiles, de ne pas voir construire près de chez elles par crainte d’une dégradation de leur environnement ;
- le désengagement massif du logement des investisseurs institutionnels, préférant investir dans le tertiaire, à la rentabilité meilleure, à la gestion plus facile et moins coûteuse ;
- Le poids de l’ISF sur les bailleurs privés : possédant déjà, en général, une résidence principale, ils supportent pour l’intégralité de la valeur de leur patrimoine locatif le poids de l’impôt, ce qui les amène bien souvent à une rentabilité nette proche de zéro.

Dans ce contexte, on pourrait penser que l’Etat viendrait choyer les bailleurs privés. Erreur ! Voici qu’il leur impose un nouvel indice de révision des loyers les privant du fruit de la croissance de la richesse nationale, les frais d’une assurance loyers impayés qui va devenir obligatoire, même si on loue à une personne de confiance, et une suppression de fait du dépôt de garantie. Sans parler des effets à venir de la loi sur le droit au logement opposable qui amènera les préfets à réquisitionner des logements privés pour loger des locataires, non accueillis dans un secteur public soucieux de conserver ses privilégiés.

Alors, nous le disons au Gouvernement : trop c’est trop. Les bailleurs privés, qui sont attachés à leurs logements et ne raisonnent pas exclusivement en financiers, risquent cependant de prendre la voie des investisseurs
institutionnels : la fuite hors du secteur du logement locatif.

 

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