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Méfiance, parce
que pour les petits propriétaires, soit l’immense majorité des
bailleurs, qui ne possèdent qu’un ou deux appartements locatifs, un
locataire mauvais payeur constitue une catastrophe financière et une
source de soucis qu’ils sont mal préparés à affronter. En effet,
dans un grand nombre de cas, il leur faut deux ans pour récupérer
leur logement, parfois en mauvais état, après de nombreuses
démarches, en ayant perdu bien souvent ces deux années de loyers et
de charges, et assumé les frais de procédures. Ce qui, pour des
personnes comptant sur ces revenus, parce qu’elles ont de petites
retraites ou parce qu’elles se sont endettées pour se constituer à
terme un capital, constitue un séisme financier aux conséquences
souvent dramatiques.
Il faut sortir de cette situation que l’on a créée de toutes pièces
au détriment même des locataires corrects, l’immense majorité se
voyant, de ce fait, demander un maximum de garanties, ce qui
constitue une source profonde d’inégalité sociale. Comment y
arriver?
- D’abord, en réduisant les délais de jugement en cas de différend,
puis les délais d’expulsion, par une accélération à tous les stades
et par un traitement différencié rapide des cas de locataires à la
bonne foi douteuse de ceux victimes d’« accident de la vie », qui
doivent être aidés temporairement à payer leur loyer. Dans cet
esprit, il faut supprimer la période hivernale de suspension des
expulsions, sur laquelle jouent les personnes préférant payer des
avocats plutôt que leur propriétaire, et reloger immédiatement dans
le parc public les personnes en difficulté.
Comme au Québec !
- Ensuite, en rétablissant une vraie nature contractuelle dans les
relations bailleurs-locataires : il faut qu’au terme d’un bail de 3
ans, le propriétaire ne voulant ni vendre ni occuper son
appartement, mais continuer à le louer, puisse librement contracter
avec la personne de son choix, son locataire ou un autre.
Certes, il faudrait donner un préavis de 6 mois au locataire,
certes, il faudrait éviter toute spéculation en ne permettant pas,
en pareil cas, de louer à un prix supérieur. Certes, sauf mauvais
comportement du locataire, le propriétaire signerait un nouveau bail
avec le même locataire, évitant ainsi bien des frais et bien des
soucis. Certes, cela ne changerait donc rien pour les locataires
corrects, l’immense majorité, mais cela constituerait une dissuasion
efficace vis-à-vis des mauvais coucheurs. Et réduirait la méfiance.
- Enfin, mais enfin seulement, les propriétaires de logements, dans
des secteurs où le prix plafond du loyer permettant de bénéficier
d’avantages fiscaux et celui du marché ne sont pas trop éloignés,
pourraient les conventionner, mais pour 3 ans, et accepter une
garantie des risques locatifs supprimant la caution, voire le dépôt
de garantie, si la mise en jeu de cette caution se faisait
rapidement et à première demande.
Ceci résoudrait un problème social important, il est vrai, du fait
de la précarisation, hélas
croissante, des contrats de travail. Alors, innovons en privilégiant
les personnes de bonne foi. |